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Le droit à la ville

Les sons de cloche de la société civile.

Deux conférences inaugurales se sont tenues le 15 avril 2017 et ont porté sur deux thématiques complémentaires portant sur les politiques publiques de logement et la problématique des droits humains dans son lien au droit à la ville.

La seconde conférence inaugurale avait pour thème « Droits de l'homme liés à l'habitat et droit à la ville ».

Facilitée par Mr Pie KATIBAHA, coordonnateur de CODAS Caritas, elle s’est organisée autour d’un panel constitué de trois intervenants à savoir Calvin MINFEGUE, doctorant à l’Université Catholique d’Afrique centrale, Jules- Dumas NGUEBOU, président du comité d’initiative de la Triennale et Armand NOUWE, chargé de projets au CODAS Caritas.

L’intervention de M. MINFEGUE était consacrée à une « introduction aux concepts clés du droit à la ville ». Dès l’entame de son propos, il a défendu l’idée que le droit à la ville connote aujourd’hui diverses formes de militantisme tout comme il réfère à de nombreuses luttes urbaines. Cette référence aux mobilisations n’est pas anodine car le concept a été proposé par Henri Lefebvre dans le cadre de réflexions sur l’espace urbain entre les années 1960 et 1970.

Le droit à la ville permettait alors de proposer une lecture des transformations qui affectaient Paris. Il rendait compte de l’appropriation capitalistique de la ville et la manière dont elle excluait de nombreux citoyens.

Le droit à la ville signifie alors la reconnaissance de la disposition de chacun de jouir de la vie urbaine, des opportunités et des services qu’elle offre en tant que creuset majeur de la vie sociale.

Ce droit s’incarne dans une appropriation politique et légitime de la ville : l’espace urbain est créé (aussi) par les pratiques quotidiennes des habitants. La ville est donc porteuse des tactiques, des stratégies des habitants qui ne cherchent qu’à vivre, voire à survivre face à une emprise capitalistique dans cesse intense.

A ce titre, la ville apparaît comme un espace politique c’est-à-dire un espace porteur d’aspirations communes de faire ensemble, de vivre ensemble.

Ces convergences définissent les contours des luttes de reconnaissance, de réappropriation de l’espace.

Les enjeux autour du droit à la ville en situation camerounaise font échos aux difficultés que rencontrent de nombreux habitants des villes dans l’accès à de nombreux services : accès au logement, facilité de mobilité, accès à un emploi, « droit » à l’implication dans la prise de décisions relatives à la gestion de la ville, prise en compte des préoccupations environnementales, etc.

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